Historique 1 – Naissance des 241-P

Les 241-P furent la dernière série de machine à vapeur construite à 35 exemplaires pour la SNCF, par les usines Schneider au Creusot, entre 1946 et 1952, sur la base de la 241-C-1 du PLM de 1930. Cette dernière était la première machine française à être équipé de quatre essieux moteurs à roues de 2 mètres. Très puissante, elle l’était cependant moins, comparativement, que les Pacific Chapelon.

Les 241-P reprennent les caractéristiques de la 241-C-1, mais avec des améliorations mises au point par le célèbre ingénieur André Chapelon, visant à : augmenter l’efficacité des pistons, la surchauffe de la vapeur, la longévité du foyer, motoriser l’alimentation en charbon, optimiser le graissage, et rendre la machine compatible avec des organes standardisés.

Etant basées sur la 241-C-1 de 1930, les 241-P n’étaient pas pourvues des dernières innovations techniques. Cela s’explique aisément puisque leur construction débute pendant la deuxièmes Guerre mondiale. On peut regretter cette stagnation technologique, mais les nouvelles techniques n’étaient éprouvées que sur des prototypes, et leur adoption sur des engins de série aurait retardé la livraison des machines. Mais dans le même temps, Chapelon avait mis au point la 242-A-1 dont les résultats étaient supérieurs. Dans ce cas pourquoi la SNCF a-t-elle préféré s’en tenir aux 241-P ? On évoque fréquemment deux réponses : tout d’abord Chapelon était, dans son domaine, un ingénieur de réputation mondiale, et certains décideurs de la SNCF, provenant d’autres anciennes compagnies, pouvaient certainement le jalouser et tenter de freiner ses réussites techniques ; d’autre part la SNCF n’avait plus qu’une seule idée : tout miser sur le prestige de la traction électrique. Il était devenu politiquement incorrect d’améliorer encore la vapeur (des innovations remarquables étaient pourtant déjà éprouvées).

Ainsi les 241-P tombaient à pic : de bonnes machines puissantes mais qui ne seraient pas en position pour faire des « vagues » face à la technologie électrique…

Ces machines ont été réparties sur les régions Sud-Est et Nord. L’électrification de Paris-Lyon les repoussera sur Lyon-Marseille, puis provoquera leur mutation sur Nevers, et enfin leur répartition sur l’Est ainsi que sur l’Ouest où elle assuraient des trains lourds vers la Bretagne. La dernière machine en activité à été réformée dans la région Ouest en septembre 1969. Ainsi les 241-P auront été les dernières machines à vapeur construites en France.

Elle demeurent les plus imposantes machines de série construites dans notre pays, et parmi les plus puissantes aux côtés des 240-P (qui n’ont pas survécu). Elles sont aussi les dernières qui ont suscité l’admiration du public pour les grandes machines à vapeur de ligne, tant auprès des amateurs et des enfants, que des cheminots eux-mêmes qui ont admiré avec fierté celles qu’ils appelaient dans leur jargon les « 2P ». La P9 porte les numéros de construction 4911 et FO 746 de région. Sa chaudière fut éprouvée à 30 bar le 6 février 1948 à Châlon-sur-Saône.

Suite : carrière SNCF de la 241-P-9